17 Juillet 2023
Our Dining Table
Our Dining Table ou Bokura no Shokutaku, une romance douce, un véritable bonbon au miel que j’ai adoré regarder.
Et en plus, ça donne faim, je vous dis pas !
Il y avait comme un parfum de My Brother's Husband ( Otouto no Otto en version originale ) dans le côté tranche de vie et personnage d’enfant prépondérant.
Les japonais on l’art et la manière de nous plonger dans vie de leurs personnages et on s’y sent tellement bien,
qu’il est dur à la fin de la série de dire au revoir à cet univers.
J’ai beaucoup aimé les personnages à la fois simples et fouillés de Yutaka et Minoru.
Je me suis reconnu.e dans les sacrifices que peut faire Minoru pour aider sa famille, actes qui peuvent paraître énormes pour ses proches mais qui,
pour lui, sont naturels. Minoru sait s’émerveiller des choses simples.
On pourrait croire, à tort, qu’il ne vit qu’à travers son petit frère
mais je pense plutôt qu’il trouve le bonheur dans les situations qui se présentent plutôt que de regretter un avenir qu’il ne lui est pas possible,
pour le moment, de vivre.
Minoru est aussi quelqu’un qui réfléchit énormément, tout le temps, à son implication dans la vie des autres,
aux répercussions de ses actes et à ce que les autres, et en particulier Yutaka, vont penser de ses décisions même s’il y reste fidèle malgré tout.
Il est aussi un personnage qui va devenir tout gêné à cause d’un malentendu ou quand il pense pousser le bouchon un peut trop loin
mais j’ai trouvé cette maladresse un peu gauche adorable.
Yutaka, quant à lui, a une personnalité renfermée qui ne demanderai qu’à s’épanouir
mais il est tellement emprisonné dans les avis arrêtés qu’il a eu dans le passé qu’il a bien du mal à s’extérioriser.
Je l’ai trouvé touchant dans sa solitude, solitude qu’il s’est crée car il a peur de ne pas satisfaire les autres tel il est.
C’est quelqu’un qui marche sur des œufs continuellement, pas par timidité, mais plutôt par une certaine délicatesse,
comme pour ne pas risquer de blesser ou d’ennuyer ceux qui l’entourent.
Ce qui va réunir ces deux héros c’est le jeune Tane. Au passage, ce gamin est un jeune acteur incroyable,
qui, avec sa façon de mettre les pieds dans le plat, son rentre-dedans, son naturel, va faire en sorte de les rapprocher par le biais de la cuisine.
Pourquoi la cuisine me direz-vous ?
Et bien parce que le mot famille désigne l’ensemble de personnes réunies
dans une maison qu’on nommera foyer à partir du moment où celle-ci y prendra ses repas.
J’ai aimé voir la coquille de Yutaka se fendiller petit à petit, voir son tic de se mordre les lèvres qui, au début,
voulait montrer qu’il se retenait de dire ou faire quelque chose,
mais qu’avec Minoru et sa famille devenait comme une façon de s’empêcher de hurler de bonheur,
un bonheur qu’il commençait seulement à expérimenter.
Quand les sentiments entre ces deux-là ont commencé à se développer,notamment dans l’épisode 3,
je pouvais presque entendre les battements du cœur de Minoru.
Il émane une telle douceur de son visage quand il regarde Yutaka à la dérobée.
J’ai beaucoup aimé également les prises de vue et surtout le choix de la colorimétrie qui nous installe dans une ambiance selon lieu
et les choses que Yutaka vit, il y a une dichotomie des couleurs très perceptible :
Couleurs froides et sombres pour ses souvenirs douloureux d’enfance,
couleurs neutres et brutes quand on est dans le monde du travail ou son appartement,
couleurs chaudes et saturées quand il est avec Minoru.
Et mon petit mot final sera pour celui dont personne ne parle ou que beaucoup disent qu’ils ne sert à rien ( alors que c’est tellement faux selon moi ! ) :
le père de Minoru et Tane : Koji.
Cet homme peut paraître anecdotique alors que c’est tout le contraire !
Il s’efface dès qu’il sent que Minoru et Yutaka doivent discuter, se réconcilier ou juste passer du temps rien que tous les deux.
Il conseille Yutaka quand celui-ci est perdu et prend peur face au bonheur qu’il ressent d’aimer et d’être aimé sachant que ce bonheur pourrait s’arrêter.
Il guide, sans en avoir l’air, Minoru qui n’arrivait pas à mettre de l’ordre dans ses sentiments face à la découverte de son attirance pour Yutaka.
Koji est le pont de l’amour entre nos deux leads : il est discret, on ne le remarque pas mais il est solide et,
sans lui, nos amoureux ne pourraient traverser le fleuve de la vie avec ses rapides et ses écueils.
Cette douce romance m’a emporté.e tout au long de ses épisodes (et son épisode bonus ! ),
je me suis laissé.e bercer par le courant de la vie de nos deux garçons qui vont de petites victoires en modestes découvertes.
C’est une série simple mais qui toutefois émerveille et les productions japonaises sont très fortes à ce jeu.
J’aurai plaisir à m’y replonger et je vous invite aussi à me rejoindre au fil de l’eau.
Maintenant, à vous de vous faire votre avis.