26 Septembre 2023
Bonjour à toutes et tous.
Aujourd’hui, j'ai décidé de vous parler d’un film extrêmement psychologique que j’ai découvert assez récemment
suite à une analyse que j’ai lue sur le film « Un tramway nommé désir » avec deux monstres sacrés du cinéma, j’ai nommé :
Marlon Brando et Vivien Leigh.
Bon là, vous vous dites : Non mais G, qu’est-ce qu’elle nous fait là ? Elle va nous chroniquer du Tennessee Williams ?
Qu’est-ce que qu’il a de Bl dans cette œuvre ?
Je vous réponds : ben, il y en a en arrière, arrière-plan. Mais ce n’est pas du tout à ça que nous allons nous intéresser aujourd’hui.
Par contre, je vous en parle, car, indirectement, c’est cette œuvre,
qui m’a emmené à regarder : « Method », le film dont je vais vous parler aujourd’hui.
Je vais bien sûr développer sur le sujet, mais d’abord voyons ensemble de quoi ça parle :
L'idole Young Woo est recrutée pour jouer dans la pièce de théâtre "Unchain".
Néanmoins, il n’est pas enthousiaste à cette idée, car cette pièce est centrée sur une histoire d’amour qu’il devra jouer avec l'acteur Jae Ha.
Cependant, au fil des répétitions, la distance entre réalité et fiction devient floue et les deux acteurs développent des sentiments inattendus.
Et là, vous vous dites :
« OK, mais je ne vois pas le rapport avec le tramway nommé désir »
Effectivement, et ce ne sont pas les histoires de ces films qui sont en corrélation, mais la méthode de travail des acteurs.
Avez-vous déjà entendu parler de la « méthode Stanislavski » ?
Pour vous expliquer, c’est une méthode de travail très particulière pour un acteur
qui consiste à apporter de la « matière » à son personnage en s’immergeant totalement dans la « vie » de celui-ci.
À partir de ce moment, l’acteur doit penser comme lui, réagir comme lui, et si possible ressentir les mêmes sentiments que lui.
Ce qui a pour but d’apporter un réalisme confondant.
L’acteur ne doit plus « interpréter », il doit « être ».
Je vous donne la définition de Wikipédia :
Cette méthode travaille à partir de l'impulsion du corps et plus généralement à partir de ce qu'elle nomme « action physique ».
Il ne s'agit pas de jouer bien, mais de jouer juste et, à partir de là, de toucher ce qui est vrai.
Pour vous donner un exemple, il est dit sur Wikipédia que l’acteur Marlon Brando à passer plusieurs mois en fauteuil roulant pour le film
« C’étaient des hommes » afin de se concentrer sur les émotions et les sentiments du personnage, puisant dans ses souvenirs et son vécu.
Pour cela, il développe sa mémoire sensorielle et la façon dont son corps se souvient de son expérience.
Bien que cet acteur ait nié utiliser cette méthode, beaucoup y ont vu une analogie assez troublante.
Le film dont je vais maintenant vous parler va justement vous propulser dans cette méthode d’acting, vous allez comprendre le véritable travail,
mais aussi les séquelles psychologiques qu’une telle méthode peut laisser à un acteur.
Commençons donc par l’histoire :
Ici, nous allons suivre un acteur confirmé : Jae Ha,
qui va avoir pour partenaire une idole de la K-pop pour une pièce de théâtre extrêmement sombre et Bl.
Notre Jae Ha est un acteur qui n’a plus rien à prouver, et un rôle aussi torturé que celui qui lui est proposé, ne lui fait pas peur.
Mais au premier jour de répétition, notre acteur découvre que son partenaire, Young Woo, n’est pas du tout investi en tant qu’acteur,
et que, pour couronner le tout, il semble totalement indifférent à son rôle dans cette pièce.
Mais au fil des répétitions, nos acteurs semblent s’apprivoiser, et leur jeu s’améliorer…
Et effectivement, au fil de ce film, nos héros changent beaucoup.
Notre idole apprend tous les jours de son aîné et semble lui vouer une véritable admiration,
et notre acteur professionnel semble de plus en plus troublé par ce jeune homme
qui lui fait ressembler de plus en plus à son personnage dans la pièce.
Et c’est là où le film est vraiment très intéressant,
car on apprend vers le milieu du film que notre acteur est un utilisateur de la méthode dont je vous ai parlé.
Va alors s’enchaîner pour le spectateur, une vraie réflexion, une vraie immersion dans le monde du théâtre,
et surtout un vrai questionnement quant aux vrais sentiments de nos héros.
L’histoire paraît pourtant très simple à suivre, jusqu’à cette fin magistrale qui nous apporte des réponses,
mais qui aussi nous plonge dans de nouveaux doutes. Réalité, fiction, on ne sait plus. Tout s’embrouille l’espace d’un instant.
Tout est remis en question, on ne sait plus, on n’ose plus espérer… C’est un film captivant, déstabilisant, qui vous mystifiera jusqu’à la fin,
car il y a vraiment plusieurs théories tangibles sur celle-ci.
Beaucoup de thèmes sombres sont abordés dans ce film, mais je vous promets qu’il n’est absolument pas déprimant,
et qu’il n’a rien d’ennuyeux, bien que ce soit une œuvre très intéressante, autant sur le plan psychologique, que philosophique.
Passons maintenant à l’acting :
J’ai trouvé les acteurs très bons. Je ne sais pas s’ils sont connus dans le monde des K-dramas, mais, honnêtement,
je n’ai rien eu à redire sur leur prestation. Ils se tiennent tête de façon convaincante, ils sont investis dans leurs personnages.
Pour moi, leur jeu est soft et juste.
Niveau alchimie :
Rien à redire non plus ! Les regards, les silences, la gestuelle, tous nous font ressentir ce désir que nos héros refoulent si fort.
Les baisers sont également très bien rendus, c’est assez sensuel, et pourtant les acteurs ne nous montrent pas un centimètre de peau.
(Kinnporche si tu nous regardes…)
Parlons maintenant musique :
Nous n’avons pas beaucoup de morceaux chantés.
Mais j’ai beaucoup aimé celle qui est interprétée par notre idole vers le milieu du film.
Les paroles sont en parfaite adéquation avec ses sentiments, et, du coup, la chanson apporte une tension amoureuse supplémentaire qui m’a séduite.
En conclusion :
Un film vraiment intéressant que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore vu.
On y apprend beaucoup de choses sur le métier des acteurs,
on nous montre encore une fois que derrière une œuvre proposée il y a un vrai investissement, un vrai travail.
Et on y suit une histoire d’amour contrariée.
Des personnages captivants autant par le mécanisme de leur esprit, que par leurs complexités.
La seule chose que je reprocherais est la finalité de ce long métrage.
Déjà parce qu’elle soulève plusieurs théories, mais aussi parce qu’un épilogue aurait été le bienvenu.
Ma note :
8/10